dimanche 5 août 2012

Maine - Day 3 - Acadia National Park


Petit déjeuner: une biche se pointe au fond du jardin de l’hôtel et broute joyeusement les buissons décoratifs.

Direction Acadia, premier parc national de la Côte Est, résultant de l'action d'un collectif privé qui a acheté des terres et terrains et a fini par les donner au gouvernement fédéral pour la constitution d'un parc national.  De ce fait, l'ensemble du territoire du parc est mixé avec des terrains privés et il n'est pas rare de voir une méga giga maison en plein sur le territoire du parc: la maison et son terrain appartiennent à des privés, mais toutes les terres environnantes sont fédérales. Cela pose un certain nombre de soucis, comme la gestion des ressources, la préservation de la qualité de l'eau et de l'air, ainsi que le transport de et vers la parcelle cernée.

Pour remédier à cela, les parcs nationaux ont maintenant des règles strictes concernant l'acceptation des terrains, pour éviter ce genre de situations épineuses.

Avons acheté cette petite propriété...
 Mais retour à notre parcours. Nous commençons près du centre des visiteurs et nous arrêtons au premier point de vue, d’où nous pouvons voir la baie - Frenchman Bay, car de nombreux combats ont opposé les flottes françaises, hollandaises et anglaises - ainsi que quelques îles. Difficiles de dire lesquelles, elles se ressemblent un peu toutes. Nous continuons notre chemin.
 
Egg Rock LightHouse
Le point suivant, Sieur du Mont Springs - je parlerai plus loin des noms français -, propose deux activités. La première est le Jardin Sauvage et la deuxième le Musée Abbe, comme celui de Bar Harbor.










Nous décidons de garder le musée pour un jour de pluie. Et nous engageons donc dans le Jardin Sauvage. Il s'agit d'une reconstitution des différents biotopes et terrains de la région: sous-bois de résineux, marais et marécages, montagne, bord de route. Pour chaque biotope, des plantes typiques sont présentes pour en illustrer la variété. Nous voyons aussi quelques habitants, bien heureux de profiter de la main de l'homme: un chipmunk en quête de gland, quelques grenouilles sur leur nénuphar ...




Le centre Nature nous informe sur les différentes espèces animales présentes dans le parc, dont les fameux pygargues à tête blanche, mais aussi des faucons pèlerins (rare!) et des balbuzards pêcheurs. Sont aussi mentionnés les loutres, les castors, diverses grenouilles et crapauds. Il parait qu'il y a aussi des ours et des félins, mais qu'ils se font discrets.


Un des endroits pour voir les faucons pèlerins est l’arrêt suivant, Precipice Trail. En nous approchant, nous voyons une file de voitures parquées. Chic! Cela signifie que quelque chose est à voir. En passant près du parking officiel, plusieurs véhicules des rangers sont présents. Si les rangers sont là, il doit y avoir quelque chose de vraiment excitant! Nous nous garons et faisons le chemin à pied.

Ah ouiche! Une conversation entendue entre un ranger et un promeneur nous informe qu'en fait une promeneuse est portée disparue et probablement en difficulté! Croisons les doigts pour elle.



La boucle nous montre différentes facettes de la baie, depuis le côté tourné vers les terres jusqu’à l'ouverture sur l’Océan Atlantique. Je dois dire que, finalement, tout fini par se ressembler un petit peu, et je profite plus des arrêts avec de la végétation ou des rochers que de ceux avec la mer. Nous passons sans nous arrêter près de Sand Beach: file de plus d'un kilomètre, ce qui donne une idée du monde sur la plage. Mais personne dans l'eau... A 15° max, aucun baigneur n'est tenté. Nous avions pris nos maillots mais ne les enfilerons pas.



Nous nous rendons ensuite à Thunder Hole."Thunder Hole" (le trou à tonnerre) est non pas, petits comiques, Jeff qui a abusé de nourriture mexicaine, mais un réseau de trous dans la roche. Lorsqu'une vague arrive, l'air dans ce réseau est comprimé et se détend en expulsant l'eau, ce qui donne un bruit d'explosion rappelant un coup de tonnerre. Les moments les plus impressionnants sont aux alentours de la mi-marée.

Même si nous arrivons à la marée descendante, le bruit est parfois assourdissant. Jeff a fait une petite vidéo avec son appareil photo.

Suite du chemin et arrêt au mémorial Fabbri. Anciennement, une base radio de la marine se trouvait à cet emplacement et un lieutenant, Alessandro Fabbri, s'est tout particulièrement distingué durant la première guerre mondiale.



Prochaine halte,  Otter Point.Il n'y a pas de loutre de mer dans le Maine. En tout cas pas près du parc national d'Acadia. Par contre, il y a des loutres d'eau douce qui se baignent dans la rivière et font parfois des incursions dans la mer. Plusieurs personnes ont  tenté de faire changer le nom, mais ... bof ... le nom Otter Point est resté.

Concernant les noms, certains sont anglais, d'autres sont typiquement français. Et oui, la région a été longtemps sous contrôle français avant de passer sous domination anglaise. Ainsi, "Sieur de Monts Spring" tire son nom d'un gentilhomme français, Pierre du Gua, Sieur de Mons, d'Acadia, qui provient du nom "Acadie", le nom de la colonie lors de la domination française, mais aussi "Cadillac Mountain". Si le nom "Cadillac" évoque pour certains une marque de luxe de voitures américaines, il s'agit surtout d'un noble francais, Antoine Laumet de la Mothe, Sieur de Cadillac, né en Acadie et surtout connu pour avoir fondé ce qui deviendra la ville de Detroit. Le nord des USA est ainsi truffé de noms français: Prairie, Champagne, St Germain, St Sauveur pour n'en citer que quelques uns.

Et certains programmes touristiques peuvent être trouvés en français, en cause le Québec voisin.




Dernière étape de cette première journée d'approche: le Mont Cadillac, culminant à 1530 pieds (460 m), le point le plus élevé de la Côte Nord Est des USA. La route qui mène au sommet fait 5km, soit un dénivelé d'au moins 6%, si on estime que le pied du mont se trouve à plus ou moins 530 pieds d'altitude. Cela ne décourage néanmoins pas les cyclistes qui pédalent à qui mieux mieux. Une fois au sommet, la vue est époustouflante et une promenade permet de fairele tour complet du mont. Vue impressionnante sur le parc, sur Bar Harbor et sur l’Océan Atlantique.




Nous reviendrons pour profiter à fond des quelques endroits que nous avons marqués sur notre carte, ainsi que des haltes que nous n'avons pas faites pour cause de touristus maximus.

Retour à la chambre avant notre repas du soir, programmé au resto de l’hôtel. Nous optons tous deux pour un homard entier. C'est ici que nous voyons les braves! Tour d'horizon dans la salle: une ou deux autres personnes ont pris le crustacé en armure, la populace se réfugiant courageusement derrière un steak facile à découper.

Les animaux nous arrivent avec un bavoir et un plat pour les restes de carapace. Nous arrivons à garder nos bavoirs immaculés, par contre la table, la fenêtre, les rideaux, le tapis, et une partie du piano proche sont couverts de jus de homard. Mission accomplie, nous avons fièrement conquis le bestiau, de haute lutte. Le personnel de salle se rappellera de nous probablement pour encore une ou deux semaines.

Dodo tôt, car demain, 4 heures du matin: photo de lever de soleil sur la baie.

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