Réserver une table n'est pas simple: d'une part Le Bernardin ne prend pas de réservation à plus de 30 jours, d'autre part, l’entièreté du mois est généralement réservée, excepté pour des réservations très tard ou très tôt. Et téléphoner ne sert à rien: nous sommes renvoyés vers le site OpenTable.
Un jour: bingo! Une place s'ouvre à une heure décente! Nous la réservons aussitôt.
Fast-Forward jusqu'au jour J, ou plutôt jusqu'au jour Miam: mardi 26 juin 2012.
Nous sommes accueillis avec beaucoup de classe. Un petit détour au vestiaire pour déposer mon sac - je suis venu directement du boulot - et nous voila en route pour notre table dans cette grande salle. Comme il est assez tôt, en se basant sur les standards new-yorkais, il n'y a que quelques couples. On nous parle en anglais et en francais.
Une fois à table, "Let's the yummy begin!". Après avoir choisi notre repas - 4 plats sélectionnés dans la carte plutôt qu'un des menus dégustation - on nous apporte un amuse-bouche: un mini tartare de thon, une tomate avec une sauce dont le nom m'échappe et une soupe de pastèque. Le thon est excellent, la tomate tomateuse sans plus et la soupe pas mal. JF reste fidèle à l'eau pétillante, Chantal opte pour un verre de Viognier. 
Premier plat. Si Chantal a decidé de faire un sort au tartare de caviar, JF a choisi un classique: un carpaccio de St Jacques avec une sauce citronnée. Le tartare de Chantal est servi sur un lit de tartare de boeuf, avec une noix de crème fraîche au poivre. Très bon, fondant dans la bouche. Les St Jacques sont assez banales et, même si elles sont très bonnes, sont identiques à ce qui est trouvable dans tous les restaurants avoisinnants.

Tout cela est fort joliment présenté, avec une recherche folle dans l'agencement du mêt sur l'assiette. Visuellement, c'est clair que ça a de la gueule.

Second plat: Langoustine pour madame et poulpe grillé pour monsieur. Là, les saveurs s'invitent à notre table et nous découvrons pourquoi le restaurant est primé comme il l'est: cuisson parfaite, saveurs extraordinaires, le silence se fait, juste entrecoupé de bruits de mastication.

Le mélange des différentes saveurs est impressionnant et, au milieu d'un homard, s'invite une touche de sauce soja au saké. Fusion, mais sans être fourre-tout, qui joue définitivement sur la qualité du produit, en le rehaussant sans le couvrir.
Le serveur passe, dessert la table en préparation du grand final: homard pour les deux hôtes.
Dans mon esprit, le homard est, au même titre que la viande, l'ingrédient où un chef sort ses tripes: il est très facile de sur-cuire l'animal et de le transformer en une substance caoutchouteuse plus propice au transport de marchandise qu'à l'alimentation. Ou de le sous-cuire et de l'avoir immangeable. Dans mes experiences précédentes, dont Asiate qui a fait l'objet d'un article récent, le homard est souvent légèrement surcuit et un peu robuste sous la dent.
Notre appreciation de celui-ci est qu'il est très très légèrement caoutchouteux. Pas au point que cela en soit franchement gênant, mais ce n'est pas le homard fondant auquel je m'attendais. Il est néanmoins très bon et nous l'apprécions à sa juste valeur.

Nous finissons notre repas avec un dessert devenu un classique dans les restaurants: assortiments de plusieurs desserts. Madame se la fait forêt noire déstructurée, monsieur banane.

Nous avons aussi droit à quelques mignardises, bien que nous n'ayons pris ni café ni thé.
Bravement, et pour évacuer les calories, nous faisons le chemin du retour à pied, admirant au passage le coucher de soleil sur New York. Nous le photographions mais la photo au smart phone ne rend pas hommage aux couleurs de la lumière vespérale sur les high rises.

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire