Mais je vous croyais en poste à New York.
C’est exact, Monsieur, la preuve ci-dessous.
Vous vous moquez de moi. C’est une gondole!
Nous pourrions être à Venise, à Las vegas ou à Macao dans la chaîne de casinos "The Venitian".
11 Juillet : c’est la fête « nationale » flamande. La date correspond à
la bataille dite des Eperons d’Or dont on nous a tant parlé à l’école :
Philippe IV de France contre les milices communales flamandes. Flanders
House à New York lance chaque année une invitation à venir fêter la
communauté flamande. Cette année-ci, c’est le 9 juillet, et cela se
passe à la « Boat House » dans Central Park.
L’endroit est chicos, avec une belle grande terrasse qui donne sur le
plan d’eau. C’est là que l’on peut louer un bateau à rames (10 $ pour
une heure) et impressionner sa belle. Il y a aussi le resto éponyme,
qu’il vaut mieux éviter car la cuisine n’y est pas très fameuse même si
la vue que l’on a est splendide.
Et effectivement, vous pouvez aussi déclarer votre flamme à bord d’une gondole avec gondolier…
J’emmène ma copine Julie à la réception et nous passons une excellente
soirée où tout est belge, ou quasi : les invités, le chocolat Callebaut,
les bières spéciales, le genièvre, les gaufres et les biscuits De
Strooper. Nous passons l’essentiel de la soirée sur la terrasse et les
tortues aquatiques géantes qui viennent mendier auprès des invités sont
une bonne entrée en matière pour faire connaissance avec ses voisins de
balustrade. Une discussion passionnée avec un certain Barry sur
l’impérieuse nécessité de parler d’autres langues que l’anglais nous
amènent à un rendez-vous, même endroit dans 20 ans. Ya comme un air de
déjà entendu…
Les tours du Time Warner Building (Columbus Circle)
Les taxis n’étant plus admis dans Central Park après 19h00, nous rentrons à la maison à pied. Le soir est doux, le parc est quasi vide, quelques courageux courent ou pédalent malgré la chaleur toujours élevée. Des amoureux se promènent. Julie me dit que c’est la première fois de sa vie de New Yorkaise pur jus qu’elle est dans le parc aussi tard. « Tu m’en fais faire des choses ! ajoute-t- elle. Dommage que tu quittes bientôt New York ». Oui, quitter New York sera très dur.
Pour essayer de redorer le blason de cette partie de New York, la Chambre de Commerce du Bronx organise une série d’activités promotionnelles. Parmi celles-ci, des trolleys permettant aux visiteurs de découvrir certaines parties du Bronx. Ainsi, Chantal et son amie Julie ont découvert quelques galeries d'art, et nous voici partis pour une autre exploration: City Island.
C'est le nord du nord, le terminus de la ligne 6. A vol d'oiseau, entre notre nid au 444 et le milieu de l’île: 20km! On a tendance à l'oublier, mais New York City (le "grand New York"), c'est environ 1.213 km2 et 22 millions d'habitants. Bruxelles fait 161 km², avec un peu plus d'un million d'habitants.
Nous nous donnons rendez-vous au terminus de la ligne 6 car Jeff vient directement du bureau. Le trolley est pile à l'heure et emmène son petit monde jusqu'à City Island en faisant un petit crochet pour déposer les amateurs à la Bartow-Pell Mansion. Nous "skippons" cette visite pour nous concentrer sur City Island.
Un sympathique guide, très pro, nous explique les choses au moment où on les voit. Suffisamment rare que pour le mentionner... Ce bout de New York est vert, très vert. D'ailleurs la station Terminus de la Ligne 6 est le Pelham Bay Park, le parc public le plus vaste de New York, trois fois aussi grand que Central Park, avec de l'eau de tous les côtés. La grenouille que je suis est au 7ème ciel.
Ce coin, qui donne dans l'Océan Atlantique via le Long Island Sound (Sound dans ce cas-ci signifie détroit), tient davantage du village avec ses constructions basses que de la zone urbaine haute et dense. On y trouve également deux golfs, des plages dont la très fréquentée Orchard Beach, un petit chantier naval...
L'île est traversée par une seule rue principale (City Island Avenue) dans laquelle aboutissent de très courtes rues, toutes sont des culs-de-sac donnant sur l'eau. J'ai lu qu'un jour un président de quartier avait tout fait en son pouvoir pour que City Island concurrence Manhattan sur le plan économique.... Quelques pas à peine et l'on se retrouve au bord de l'eau.
L'heure du souper approchant, nous choisissons un espèce de Mc Do de la mer : Johnny's Reef Restaurant, tout au bout de la rue principale. Au menu, bien évidemment du poisson, des coquillages, du homard, du crabe, des clams, des "cherry stones" et autres douceur halieutiques du coin. Très frais, très simplement préparé, cuisson parfaite, ambiance sans chichis (on mange avec les doigts). L'endroit est bondé, on se présente de comptoir en comptoir pour composer son repas et on sort sur la terrasse pour manger face à la "mer".
Les très nombreux fils tendus au-dessus de la terrasse, c'est pour empêcher mouettes et goélands de venir se servir directement dans votre assiette... Nous mangeons tout en regardant le spectacle des goélands qui happent les frites que leur lancent les enfants. Au milieu de la baie, le phare.
Stepping Stone Lighthouse
A la sortie du resto, vue sur un HLM pour oiseaux. Ils ont bien colonisé le poteau électrique...
Pour terminer, quelques photos d'ambiance de cette petite île bien modeste, bon enfant, far from the madding crowd.
Nous reprenons le trolley, direction le terminal de métro. Après un changement à la 51ème rue, nous sommes maison.
Nos précédents feux d'artifice du 4 juillet à New York n'avaient pas été des plus réussis... Si vous vous souvenez du tout premier: coincés le long des berges de la East River, dans une foule dense, compacte, nous laissant à peine assez de place pour lever la tête. Pas vu grand'chose. L'année suivante, sur la Hudson River, nous sommes découragés par les barrières Nadar, les contrôles de police et la canalisation des flux. L'année suivante, nous comprenons que pour atteindre les précieuses berges, il faut franchir le contrôle avant 14h00 (le feu est tiré vers 21h00). Et si l'on sort du "coral", c'est foutu, impossible d'y retourner. Bref, l'organisation des grands événements à New York fonctionne toujours sur ce même principe. Et l'année passée, nous avons regardé le feu d’artifice en direct à la télé...
Mari Chéri fait le sot...
Aussi pour notre dernier 4 juillet à New York, avons-nous décidé de la jouer sûr, de casser notre tire-lire et de prendre 2 places sur l'un des très nombreux bateaux postés sur la Hudson. Nous serons aux première loges. Avec en prime buffet et animations à bord, mais cela est tout à fait secondaire. Signalons quand même au passage que deux des grands événements New Yorkais (le feu d'artifice et la parade avec les ballons) sont financés par Macy. A quand un grand feu d'artifice Delhaize en Belgique ?
La compagnie maritime (Spirit Cruise) nous a envoyé deux précieux sésames pour passer les barrages de police après 14h00 et arriver au quai 61 des Chelsea Piers. Nous partons tôt assez, ne sachant pas combien de temps il faudra pour passer les check points. Tout se passe en douceur et fluidité. Nous arrivons vraiment tôt et attendons l'embarquement en regardant les photos géantes retraçant l'histoire des quais à New York. Nous épinglons celle où l'on voit des New Yorkais attendre le Carpathia, qui ramène les survivants du Titanic. Sur la photo, voyez la localisation du comptoir du Titanic et la mention "Ici on parle Anglais et Américain". Je croyais que c'était - presque - la même langue....
En plus du feu d'artifice, nous pensions également bénéficier d'un coucher de soleil sur Manhattan/Midtown mais un voile épais de nuages cache définitivement le soleil pour aujourd'hui. Pas de reflets soyeux dans les façades des high rises ce soir...
Passons rapidement sur la qualité du buffet à bord ou celle des animations, digne de l'ambiance bon enfant d'une fancy fair communale... Contrairement à de nombreux passagers qui semblent bien s'amuser sur la piste de dance, nous sommes là pour le feu d'artifice, rien que pour le feu d'artifice, uniquement pour le feu d'artifice. Magique ! Le "Spirit of New York" nous assure les meilleures places possibles, juste au milieu du fleuve.
Tous les corps des forces de l'ordre sont présents: les Coast Guards avec petits et grands bateaux, les pompiers de New York dont les bateaux paradent en faisant gicler de grands jets d'eau tricolorée (blanc, bleu, rouge), la police en bateaux et en hélicos qui volent en formation. Toute la portion de la Hudson River où se trouvent les barges tirant les feux est cadenassée par les forces de l'ordre flottantes et les nombreux bateaux sont priés de ne pas dépasser la ligne de démarcation.
Police
Pompiers
Coast Guards
Des spectateurs
Arrive enfin la minute M, pour 20 minutes de pur bonheur, de toute beauté, d'émerveillement. Avec des couleurs incroyables, des dessins dans le ciel (visages souriants, planètes avec anneaux, ...), des flèches de lumière dont seule la pointe continue à briller, .... The best fireworks, ever !
Les vidéos ne rendent pas bien compte des superbes couleurs....
Voici quelques photos tirées de l'album Picasa de Jeff. N'hésitez pas à cliquer sur ce lien, ya plein de superbes photos.
Le feu d'artifice dure pendant 15 bonnes minutes, avec des dizaines et des dizaines de fusées tirées depuis les quatre barges. Les applaudissements fusent à presque chaque explosion dans le ciel.
Les artificiers chargés de ce spectacle ont fait des prouesses: parmi les habituelles fleurs ou boules apparaissent des smileys, des planètes avec des anneaux ou des petits nuages. Bref, cela pête, cela crie, cela applaudit! Je pense quand même qu'il est chouette d'être dans une nation qui a gardé une fierté d'elle-même, et quand je pense qu'à Liège, le plus grand feu d'artifice que l'on peut voir est celui ... du 14 juillet! Cela donne à réfléchir.
Le spectacle terminé, le bateau attend bien sagement l'autorisation de la police pour prendre son chemin. Nous rentrons au quai et nous dirigeons vers le métro. Retour Casa!
Voilà, le temps est - presque - parfait pour aller photographier le coucher de soleil sur Manhattan : quelques beaux nuages cotonneux, une légère brise, pas de pluie orageuse dans l'air.
Train E (entendez métro) vers le WTC (World Trade Center) et ensuite le Path Train, métro qui plonge en-dessous de la Hudson River pour rejoindre le New Jersey, autre Etat certes mais si proche et si imbriqué dans New York City. Quand le Path Train est bloqué (par temps de forte neige par exemple), la moitié des bureaux de New York sont vides...
Station "Exchange Plaza"
Premier arrêt après le fleuve: Exchange Place. A peine 4 minutes de trajet et la vue incroyable sur Manhattan s'offre à nous. Sur la promenade au bord de l'eau, des pêcheurs, des promeneurs, les invités d'un mariage, quelques touristes et des locaux venus fumer une cigarette et deviser à voix haute. Et le cadran solaire. Rires tonitruants.
Sundial on Exchange Plaza
Jeff a pris tout son attirail, même son appareil argentique moyen format. Ce résultat-là, il faudra le développer avec amour dans la cuisine et ensuite le faire tirer chez B&H, le magasin dont nous vous avons déjà parlé. Une attraction à lui tout seul...
En attendant le tirage noir-blanc sur papier (on a l'impression d'être dans la préhistoire de la photo), voici quelques clichés numériques. N'hésitez pas à aller les voir sur son album Google.
Notre point de vue fait la part belle à Downtown Manhattan, la pointe sud du bout du bout. Omniprésente, la plus haute des tours toujours en construction du nouveau World Trade Center : Freedom Tower (104 étages), architecte Daniel Libeskind, modifiée par David Childs.
Nous retournerons nous poster ailleurs, histoire de privilégier "Midtown Manhattan, l’Empire State Building et le Chrysler en particulier. Suite lors d'un prochain numéro.
C'est sur ce bateau que nous serons pour aller admirer le feu d'artifice du 4 juillet !